jeudi 5 avril 2018

Le corps est comme un arbre, Ajahn Lee




Le corps est comme un arbre. Aucun arbre n'est entièrement parfait. A un moment donné, il possède de nouvelles feuilles et de vieilles feuilles, des feuilles vertes et jaunes, des feuilles fraîches et des feuilles sèches. Les feuilles sèches tombent les premières, alors que celles qui sont fraîches sécheront lentement et tomberont plus tard. Certaines branches sont longues, certaines sont épaisses, et certaines sont petites. Les fruits ne sont pas répartis de façon égale. Le corps humain n'est pas vraiment très différent de cela. Le plaisir et la douleur ne sont pat répartis de façon égale. Les parties qui font mal et celles qui sont confortables sont mélangées au hasard. Vous ne pouvez pas compter dessus. Donc, faites de votre mieux pour conserver les parties confortables, confortables. Ne vous inquiétez pas au sujet des parties que vous ne pouvez pas rendre confortables.
 

C'est comme pénétrer dans une maison où le plancher commence à pourrir : si vous voulez vous asseoir, ne choisissez pas un endroit pourri. Choisissez un endroit où les planches sont encore saines. En d'autres termes, le cœur n'a pas besoin de se préoccuper des choses qu'il ne peut pas contrôler.
 

Vous pouvez comparer le corps à une mangue : si une partie de la mangue est pourrie ou véreuse, prenez un couteau et enlevez-la. Mangez juste la bonne partie qui reste. Si vous êtes suffisamment idiot pour manger la partie véreuse, vous allez avoir des problèmes. C'est la même chose avec notre corps, et pas seulement avec le corps - l'esprit aussi ne va pas toujours comme nous le voulons. Parfois il est de bonne humeur, parfois il ne l'est pas. C'est la raison pour laquelle nous devons utiliser autant de pensée et d'évaluation que faire se peut.
 

La pensée dirigée et l'évaluation sont comparables à faire un travail. Ici, le travail est la concentration : centrer l'esprit. Focalisez l'esprit sur un objet unique et ensuite, en lui accordant votre pleine attention, examinez-le et réfléchissez-y. Si vous travaillez bien, vous obtiendrez de bons résultats. Les résultats grossiers ne valent pas grand-chose. Les bons résultats sont utiles de nombreuses manières - comme les radiations atomiques, qui sont si fines qu'elles peuvent pénétrer même les montagnes. Les choses grossières sont de basse qualité et difficiles à utiliser. Parfois, vous pouvez les laisser tremper dans l'eau tout la journée et cependant elles ne ramollissent pas. Tandis que les choses raffinées ont seulement besoin d'un peu d'humidité pour se dissoudre.
 

Il en va de même avec la qualité de votre concentration. Si votre pensée dirigée et votre évaluation sont subtiles, complètes et circonspectes, votre 'travail de concentration' aura pour résultat un calme de l'esprit croissant. Si votre pensée dirigée et votre évaluation sont bâclées, vous n'obtiendrez pas beaucoup de calme. Votre corps sera douloureux, et vous vous sentirez agité et irritable. Cependant, une fois que l'esprit pourra devenir très calme, le corps sera confortable et à l'aise. Votre cœur se sentira ouvert et clair. Les douleurs disparaîtront. Les éléments du corps se sentiront dans un état de normalité : la chaleur de votre corps sera juste à point, ni trop élevé ni trop basse. Dès que votre travail sera terminé, il aura pour résultat la plus haute forme de bonheur et d'aise : le nibbâna - la Libération. Mais aussi longtemps que vous aurez encore du travail à faire, votre n'obtiendra pas le maximum de paix. Où que vous alliez, il y aura toujours quelque chose qui vous tiraillera quelque part dans un coin de votre esprit. Cependant, une fois que le travail sera terminé, vous pourrez être libre de soucis, où que vous alliez.
 

Si vous n'avez pas fini votre travail, c'est parce que : (1) vous ne vous appliquez pas fermement; (2) vous n'avez pas réellement fait le travail. Vous avez manqué à vos devoirs et fait l'école buissonnière. Mais si vous vous appliquez vraiment fermement au travail, il n'y a aucun doute que vous le mènerez à son terme.

Extrait du discours A la pointe de votre nez, dans Leçons en samadhi

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