samedi 31 mars 2018

L’observation des actions quotidiennes, Thanissaro Bhikkhu

Ajahn Geoff


Le Bouddha dit à Rāhula, qui avait sept ans à l’époque, d’utiliser ses pensées, ses mots et ses actions comme un miroir. En d’autres termes, de la même manière que vous utiliseriez un miroir pour voir si vous avez de la saleté sur votre visage, Rāhula devait utiliser ses actions comme un moyen pour apprendre où il y avait encore quelque chose d’impur dans son esprit. Avant d’agir, il devait essayer d’anticiper les résultats de l’action. S’il voyait qu’elle serait nocive pour lui-même ou pour les autres, il ne devrait pas donner suite à l’action. S’il ne voyait pas de mal potentiel, il pouvait continuer et agir. Si au cours de la réalisation de l’action, il voyait qu’elle provoquait un mal inattendu, il devait mettre un terme à l’action. S’il ne voyait pas de mal, il pouvait continuer. Si après avoir terminé, il voyait un mal quelconque à long terme résultant de l’action, il devait consulter une autre personne sur la Voie pour obtenir une perspective sur ce qu’il avait fait, et sur la manière de ne pas la répéter, et ensuite prendre la résolution de ne pas répéter cette erreur. En d’autres termes, il ne devait pas se sentir gêné ou honteux de révéler ses erreurs aux gens qu’il respectait, car s’il commençait à leur cacher ses erreurs, il commencerait rapidement à se les cacher à lui-même.


Si d’un autre côté, il voyait qu’aucun mal ne résultait de l’action, il devait se réjouir de ses progrès dans la pratique et poursuivre son entraînement.


Le nom correct pour cette réflexion n’est pas « auto-purification ». C’est « action-purification ». Vous détournez les jugements à propos de ce qui est bon et mal de votre sens du soi, là où ils peuvent vous attacher à travers l’orgueil et la culpabilité. Au lieu de cela, vous vous focalisez directement sur les actions elles-mêmes, là où les jugements peuvent vous permettre d’apprendre à partir de vos erreurs, et de trouver une joie saine dans ce que vous avez fait correctement. Quand vous réfléchissez continuellement de cette manière, cela sert plusieurs buts. D’abord et avant tout, cela vous force à être honnête à propos de vos intentions et à propos des effets de vos actions. Ici, l’honnêteté est un principe simple : vous n’ajoutez aucune rationalisation a posteriori pour camoufler ce que vous avez effectivement fait, et vous n’essayez pas non plus de vous soustraire à des faits réels à travers le déni. Parce que vous appliquez cette honnêteté à des domaines où la réaction normale est d’être gêné vis-à-vis de la vérité ou d’en avoir peur, c’est plus qu’un simple enregistrement des faits. Cela demande aussi de l’intégrité morale. C’est la raison pour laquelle le Bouddha a insisté sur la moralité en tant que préalable à la sagesse, et déclaré que le principe moral le plus élevé était le précepte contre le mensonge. Si vous ne prenez pas l’habitude d’admettre des vérités inconfortables, la vérité – dans son ensemble – vous échappera toujours.


Le deuxième but de cette réflexion est de mettre l’accent sur la force de vos actions. Vous voyez que vos actions font véritablement une différence entre le plaisir et la douleur. Troisièmement, vous développez la pratique d’apprendre sans honte ou remords à partir de vos erreurs. Quatrièmement, vous vous rendez compte que plus vous êtes honnête en évaluant vos actions, plus vous avez la force de changer votre manière d’agir dans une direction positive. Et finalement, vous développez la bienveillance et la compassion, en ce sens que vous prenez la résolution d’agir seulement à partir d’intentions qui ne feront de mal à personne, et vous vous focalisez continuellement sur le développement de l’habileté de l’inoffensivité comme priorité principale.


Extrait de Quelques essais

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