mardi 8 août 2017

La continuité de la présence, U Tejaniya



La continuité de la présence

 

Il est nécessaire d’être présent tout le temps, quelle que soit votre posture, dès le moment où vous vous levez jusqu’au moment où vous vous endormez. Ne laissez pas la conscience devenir oisive ou s’évader librement. C’est important que la conscience continue à travailler, c’est-à-dire continue à être présente. Quoique vous fassiez, c’est la présence qui importe. L’effort juste est nécessaire pour développer la présence en continu. Dans notre contexte, l’effort juste, c’est de vous rappeler d’être présent. L’effort juste est un effort de persévérance. Ce n’est pas un effort intense pour se concentrer sur quelque chose. C’est un effort qui se dirige simplement sur le fait de rester présent, et qui ne demande pas beaucoup d’énergie.

Vous n’avez pas besoin d’être attentif à tout les détails de votre expérience. Soyez simplement présent, et prenez conscience de ce qui se passe dans l’instant. Posez-vous ces questions régulièrement :

« Que ce passe-t-il maintenant ? » « Suis-je véritablement présent ou seulement présent de manière superficielle ? »

Ces questions serviront de soutien à la continuité de votre présence. Souvenez-vous : ce n’est pas difficile d’être présent – c’est juste difficile de l’être continuellement !
 

Il est important de développer votre pratique pour l’approfondir, et ceci ne peut se faire que grâce à la continuité de la présence. En pratiquant continuellement l’effort juste, la présence prendra graduellement plus d’essor et de force. Lorsque la présence prend le pas, la conscience est forte, qui elle-même développera la présence juste, la concentration juste, et la sagesse.

Extrait de Ne vous sous-estimez pas de Ashin Tejaniya

vendredi 4 août 2017

Activités au quotidien et les pensées, U Tejaniya

 

 

Postures / Repas / Activités au quotidien


N’oubliez pas d’être présent dès le moment où vous vous levez jusqu’au moment où vous vous endormez. Lorsque vous réalisez que vous n’êtes pas présent, vérifiez votre attitude. Essayez de voir dans quelle humeur vous êtes. Êtes-vous détendu ou pas ? Ensuite commencez par noter les sensations qui se manifestent facilement dans le corps. La conscience méditative doit être simple, nullement compliquée. Vous pouvez vous appuyer sur n’importe quelle sensation pour revenir à l’instant présent. L’objet principal ou premier vous aide à rester présent, dans l’instant. Vous pouvez toujours y revenir lorsque vous ne savez plus vers quoi prêter votre attention. Cependant, vous n’êtes pas obligé de rester avec cet objet tout le temps. C’est tout aussi bien si votre attention se dirige vers d’autres objets comme les sensations, l’audition, ou même la distraction, tant que vous êtes conscient de ce qui ce passe dans l’instant. Il convient aussi d’être présent à plusieurs objets à la fois.

Pour la méditation assise, le corps et la conscience devraient être à l’aise. Vérifiez souvent votre état de détente. S’il y a de la tension, d’abord détendez-vous, puis vérifiez votre attitude. S’il y a de la résistance, ressentez cette résistance et prenez- en conscience. Soyez simple et attentif à ce qui se passe. Soyez présent quelles que soient les expériences – votre posture, les sensations corporelles, la respiration, les sentiments et les émotions, les pensées, les distractions, l’audition et l’odorat. Si vous êtes à l’aise sur votre coussin et que vous réfléchissiez à quelque chose de très important, sans même réaliser que des pensées vous traversent, vous ne méditez pas.

Lorsque vous en prenez conscience soudainement, ne vous faites pas de souci. Détendez-vous, vérifiez votre attitude, et recommencez l’exercice depuis le début.
 

Soyez présent lorsque vous marchez. Il n’y pas besoin de marcher vite ou lentement, mais simplement de façon naturelle. Il vous faut observer là où votre attention se dirige, ou bien ressentir votre corps en mouvement dans sa globalité. Si la conscience se fixe sur un mouvement ou une sensation particulière, c’est juste aussi. Mais rappelez-vous, vous n’êtes pas obligé de vous concentrer sur un même objet sans arrêt ; en fait, vous devriez éviter cela si cela crée des tensions. Vous pouvez aussi être présent aux sons et au fait que vous regardez où vous allez. Essayez de ne pas regarder autour de vous car cela risquerait de vous distraire. Toutefois, lorsque la présence sera plus continue, vous apprendrez à être présent tout en regardant quelque chose. Cette capacité de présence à la vision se développe avec la pratique. Tant que vous n’aurez pas développé cette capacité, le fait de voir des objets risque d’être une cause de distraction, de perte de présence.

Lorsque vous pratiquez la méditation debout, vous pouvez suivre les mêmes principes de base que pour la méditation assise et en marchant. Vérifiez si vous êtes tendu !
 

Lorsque vous mangez, ne soyez pas pressé. Si vous vous dépêchez de manger, vous risquez de n’être pas présent. Ainsi, en prenant conscience de manger rapidement, arrêtez-vous et soyez présent à l’empressement que vous ressentez ou aux sentiments qui l’accompagnent pendant un instant. Il est nécessaire d’être suffisamment calme pour comprendre ce qui se passe lorsque vous mangez. Faites l’expérience des sensations, des odeurs, des goûts, des états mentaux, de ce que vous aimez et n’aimez pas. Remarquez aussi vos mouvements corporels. Ne soyez pas trop attentif à tout les détails, mais restez présent à l’expérience.

Comment vous sentez-vous au cours de ces activités ? Est-ce que vous remarquez ce que vous aimez et n’aimez pas ? Etes- vous conscient lorsque vous regardez quelque chose ? Êtes-vous attentif lorsque vous écoutez quelque chose ? Etes-vous conscient des jugements qui surgissent envers ce que vous voyez, entendez, goûtez, touchez, pensez ou ressentez ? Etes-vous présent lorsque vous parlez ? Êtes-vous attentif à la force et au ton de votre voix ?
Votre temps libre et vos activités personnelles sont également des moments privilégiés pour pratiquer la présence. Vous avez peut-être tendance à être facilement distrait lorsque vous êtes tout seul. Êtes-vous présent lorsque vous fermez les portes, lorsque vous vous brossez les dents, enfilez un vêtement

Il est important de vérifier régulièrement si vous êtes tendu ou détendu ; si vous ne le faites pas, vous ne saurez pas si vous êtes l’un ou l’autre. Si vous êtes tendu, soyez présent à la tension. Vous ne pouvez pas pratiquez si vous êtes tendu. Si vous vous tendez, cela indique que vous n’avez pas la bonne attitude. Questionnez le fonctionnement de votre conscience. Si vous faites cela souvent, tout au long de la journée, vous pourrez prévenir beaucoup de tensions. En pratiquant, vous allez découvrir les causes cachées derrière les tensions. N’oubliez pas d’être attentif aux tensions ! Si vous êtes facilement tendu, pratiquez la méditation en position allongée une fois par jour. Cela vous aidera également à être présent dans toutes les postures du corps.
 

La distraction / Les sons


Lorsque des pensées vous traversent, si vous êtes distrait, ou si un son attire votre attention, prenez-en simplement conscience. Réfléchir est une activité naturelle de la conscience. Si vous avez une bonne audition, vous allez naturellement entendre des sons. Votre attitude est juste en étant présent aux pensées ou à l’audition. Mais si vous vous sentez dérangé par les pensées ou les sons, ou si vous avez des réactions ou des jugements envers eux, il y a un problème dans votre attitude. Le problème n’est pas la distraction ou les sons; le problème c’est votre attitude pensant qu’« ils ne devraient pas surgir ». Alors comprenez qu’il s’agit simplement de prendre conscience de certains fonctionnements de la conscience. Ces fonctionnements ne sont que des objets à observer.

Réfléchir est une activité mentale. Si vous débutez, il s’agit ne pas trop porter votre attention sur les processus de pensées. Il ne s’agit pas non plus d’éviter d’être présent aux pensées en revenant immédiatement à l’objet premier de votre méditation. Lorsque vous remarquez une pensée, soyez d’abord attentif à celle-ci, puis rappelez-vous qu’une pensée n’est qu’une pensée. Ne vous dites pas « c’est ma pensée ». A ce moment-là, vous pouvez revenir à l’objet premier de votre méditation.

Si vous vous sentez dérangé par les pensées, rappelez-vous que vous ne méditez pas afin de les prévenir, mais plutôt pour les reconnaître quand elles surgissent. Si vous n’êtes pas présent, vous ne pouvez pas savoir que vous pensez. Le fait de reconnaître que vous pensez démontre la présence. Rappelez-vous bien ceci : la quantité de fois où la conscience s’évade en pensées ou s’agace à propos de quelque chose importe peu – l’important c’est d’en prendre conscience.
 

Il n’est pas important que les pensées s’arrêtent ou pas. Il est plus important de comprendre si ces pensées sont vives ou encombrantes, convenables ou inappropriées, utiles ou inutiles. C’est pour cela qu’il est essentiel d’apprendre à être présent aux pensées sans s’y impliquer. Si une pensée devient de plus en plus encombrante malgré votre intention d’être simplement présent, vous êtes probablement quelque peu impliqué dans la pensée. Lorsque cela se produit, lorsque les pensées prennent tant de place que vous ne pouvez plus les observer, arrêtez de leur prêter attention et soyez alors présent aux émotions sous-jacentes, ou aux sensations corporelles.

Que vous soyez assis, que vous marchiez ou que vous soyez au milieu d’une activité quotidienne, posez-vous de temps en temps ces questions : « Que fait la conscience ? » « Pense-t-elle ? » « A quoi pense-t-elle ? » « Est-elle présente ? » « Présente à quoi ? »

mardi 1 août 2017

L'attention selon Ajahn Chah



La raison pour laquelle nous insistons tellement sur le développement de l'attention, c'est que nous avons besoin de voir clairement ce qui se passe. Nous devons comprendre le fonctionnement de notre coeur et de notre esprit. Quand ce type d'attention et de compréhension est présent, tout est en ordre. Pourquoi pensez-vous qu'une personne qui connaît la voie n'agit jamais par colère ou ignorance ? C'est parce que les causes pour que de telles manifestations se produisent n'existent tout simplement plus. D'où pourraient-elles venir ? L'attention a réglé tous les problèmes.

Méditation et Sagesse, Ajahn Chah, traduit par Jeanne Schut

La dépassion, Thanissaro Bhikkhu

Il y a un passage dans le Dhammapada qui dit que si vous voyez que vous pouvez obtenir un bonheur plus élevé en abandonnant un bonhe...