dimanche 30 juillet 2017

Attitude Juste et Présence intelligente

 

 

L’Attitude juste (Yoniso Manasikara)

 

Être détendu et présent est essentiel, mais il est aussi très important d’avoir l’attitude juste, la disposition d’esprit juste. Que signifie avoir l’attitude juste ? Avoir l’attitude juste est une façon de percevoir les choses qui apporte satisfaction, confort, et qui vous met à l’aise – quelle que soit votre expérience. Les idées fausses, les mauvaises informations, ou l’ignorance de ce que sont les souillures auront un effet sur votre attitude.

Nous avons tous des attitudes erronées ; c’est inévitable. Aussi n’essayez pas d’avoir l’attitude juste, mais essayez plutôt de reconnaître si votre attitude est juste ou erronée. C’est important de prendre conscience du fait que vos attitudes sont justes, mais il est encore plus important de reconnaître et examiner vos attitudes erronées. Essayez de comprendre vos attitudes erronées ; observez comment elles affectent votre pratique, et remarquez de quelle manière elles affectent votre ressenti. Soyez attentif à vous-même et vérifiez régulièrement votre attitude dans la pratique.

L’attitude juste vous permet d’accepter, de reconnaître et d’être présent à ce qui se passe – que ce soit plaisant ou déplaisant – de manière détendue et vigilante. Vous devez accepter et être attentif aux bonnes et aux mauvaises expériences. Chaque expérience, qu’elle soit bonne ou mauvaise, vous donne la possibilité d’apprendre et de remarquer si la conscience accepte les choses telles qu’elles sont, ou bien de remarquer ce qu’elle aime ou n’aime pas, ce à quoi elle réagit ou juge.

Aimer quelque chose veut dire que vous le désirez, et ne pas aimer quelque chose veut dire que vous avez de l’aversion envers cet objet. Le désir et l’aversion sont des souillures qui surgissent de l’ignorance – l’ignorance et la confusion sont aussi des souillures. Alors n’essayez pas de créer quoi que ce soit ; essayer de créer quelque chose, c’est de la convoitise. Ne rejetez pas ce qui ce passe ; le rejet est un produit de l’aversion. Ne pas reconnaître une expérience telle qu’elle se présente, vouloir que ceci ou cela se passe ou ne se passe pas, c’est de la confusion.

Il ne faut pas essayer de manipuler les expériences selon ce que vous aimeriez qui se produise. Il faut essayer de savoir ce qui est en train de ce passer, exactement comme cela se passe. Penser que les choses doivent être d’une certaine façon, vouloir que cela se passe ou ne se passe pas, c’est avoir des attentes. Les attentes créent de l’anxiété et mènent à l’aversion. Il est important que vous preniez conscience de vos attitudes.

Juger la pratique et être mécontent de son déroulement, c’est une attitude erronée. Le mécontentement surgit de l’idée que les expériences ne se déroulent pas comme nous le pensons, il provient de notre désir qu’elles soient différentes, ou de l’ignorance de ce qu’est la pratique juste. Ces attitudes ferment la conscience et empêchent la pratique. Essayez de reconnaître l’insatisfaction, de l’accepter complètement et de l’observer très attentivement. L’observation et l’exploration de l’expérience de l’insatisfaction en dévoileront clairement les causes. La compréhension de ces causes dissoudra l’insatisfaction, et vous aidera à les reconnaître si elles surgissent à nouveau. Vous verrez plus clairement le mal que l’insatisfaction peut causer au corps et à l’esprit.

Les attitudes erronées sont causées par la confusion. Nous les avons toutes ancrées dans nos consciences. Toutes les attitudes erronées sont des produits du désir et de l’aversion, ou de leur parenté, telles que l’allégresse, la tristesse ou l’anxiété. Le fait de ne pas accepter les souillures ne fait que les renforcer. Les souillures vous empêchent de progresser dans votre pratique de la méditation et de vivre pleinement votre vie. Elles vous empêchent aussi de trouver la paix véritable et la liberté. Ne sous-estimez pas les souillures ; elles se moqueront de vous !

Soyez vigilants en ce qui concerne les souillures. Familiarisez-vous bien avec celles qui surgissent dans votre conscience. Observez-les et essayez de les comprendre. Ne vous y attachez pas, ne les rejetez pas, ne les ignorez pas et ne vous identifiez pas à elles. Moins vous vous attachez ou identifiez aux souillures, et moins fortes elles deviendront. Soyez très vigilants quand à l’attitude dans votre pratique.

Rappelez-vous toujours que la présence méditative est un processus d’apprentissage, une familiarisation avec la relation intime entre le corps et la conscience. Soyez naturel et simple; il n’y a aucun besoin de ralentir vos mouvements exagérément. Il vous faut simplement voir les expériences telles quelles sont.

Il n’y a pas besoin de faire un effort pour se concentrer. La concentration se développera naturellement avec la pratique. Notre but est de devenir de plus en plus présent. Plus la présence est régulière et continue, plus la conscience devient vive et réceptive.

N’oubliez pas : l’expérience elle-même n’est pas très importante ; ce qui a vraiment de l’importance, c’est la conscience qui travaille à être présente à l’expérience en arrière-plan. Si vous faites des expériences avec l’attitude juste, n’importe quel objet est un bon objet. Avez-vous l’attitude juste ?

 

Soyez présent intelligemment


La présence méditative, ce n’est pas uniquement être réceptif aux expériences. Vous ne pouvez pas pratiquer aveuglément, mécaniquement, sans pensées. Utilisez vos connaissances et votre intelligence pour mettre de la vie dans votre pratique.

Voici les outils nécessaires pour être présent intelligemment :

  • l’information juste et une bonne compréhension de la pratique,
  • la motivation juste ou l’intérêt juste,
  • et la pensée juste ou la réflexion juste.
En lisant des textes sur la pratique et en participant aux discussions sur le Dhamma, vous acquerrez l’information juste et une bonne compréhension de la pratique. La motivation juste ou l’intérêt juste, c’est savoir pourquoi vous pratiquez ici et maintenant. Vous êtes-vous jamais demandé : « Pourquoi est-ce que je veux méditer ? » « Quelles sont mes attentes ? » « Est-ce que je comprends ce que ça veut dire de méditer ? ». La motivation juste et l’intérêt juste se développeront à partir des réponses à ces questions. L’information juste et la motivation juste auront une forte influence sur votre manière de penser ou de réfléchir au cours de votre pratique. Elles vous permettent de poser des questions intelligentes au bon moment.
 

La pensée juste, la réflexion ou l’investigation sont une manière de penser qui vous aident à pratiquer correctement. Si, en tant que débutant, vous êtes face à une situation particulière dans votre pratique, référez-vous tout d’abord aux instructions pour savoir comment vous y prendre. Si vous n’êtes pas sûr de ce qui se passe, posez-vous des questions telles que : « Quelle est mon attitude ? » « A quelle souillure ai-je affaire ? » Seulement, ne réfléchissez pas trop, surtout si vous êtes débutant ; vous pourriez être distrait. Ces questions ou ces pensées ont pour but de développer de l’intérêt.
 

Même si vous avez l’information juste, la motivation juste et la réflexion juste, vous pouvez quand même faire des erreurs. Reconnaître vos erreurs est un élément important de la présence méditative. Nous faisons tous des erreurs. Si vous avez fait une erreur, reconnaissez-là et acceptez-là ; essayez d’en apprendre quelque chose.
En étant de plus en plus conscient, votre intérêt à pratiquer va s’accroître. 

Etre présent intelligemment vous aidera à approfondir votre pratique et à développer une meilleure compréhension des fonctionnements de la conscience. En fin de compte, cette présence vous aidera à accomplir le but de la présence méditative ; la vision pénétrante.
 

La présence méditative est un processus d’apprentissage ; utilisez la présence intelligemment !

vendredi 28 juillet 2017

Travail de la conscience et détente, U Tejaniya

U Tejaniya

  Le Travail de la conscience

 

La méditation est un travail de la conscience, un travail de présence. Ce n’est pas un travail du corps. Ce n’est pas ce que vous faites avec votre corps, la façon dont vous vous asseyez, marchez ou bougez. La méditation, c’est faire l’expérience du corps et de la conscience avec intimité, d’instant en instant, avec la compréhension juste.
 

Si, par exemple, vous mettez vos mains ensembles en étant présent, vous remarquerez des sensations particulières à cet endroit – ceci est le travail de la conscience. Pouvez-vous remarquer ces sensations si vous pensez à autre chose ?

Bien sûr que non. Vous devez être attentif. Lorsque vous êtes présent au corps, vous remarquerez de nombreuses sensations. Est-ce que vous pouvez noter les différentes qualités de ces sensations? Avez-vous besoin de les nommer mentalement pour être attentif et présent à ces différentes sensations? Certainement pas. En fait, nommer mentalement vous empêche d’être attentif aux détails. Soyez simplement présent ! Cependant, être présent n’est qu’une partie de la méditation.

Il faut aussi avoir l’information juste et une compréhension claire de la pratique afin de travailler la présence intelligemment. En ce moment, vous êtes en train de lire ce livre pour comprendre ce qu’est la présence méditative. Cette information vous influencera inconsciemment lorsque vous méditerez. Lire ou discuter sur le Dhamma, réfléchir à la pratique, c’est le travail de la conscience - cela fait partie de la méditation.
 
La continuité est un élément vital de cette pratique, de ce travail de la conscience. Il est important de se rappeler d’être présent toute la journée. Alors soyez constamment attentif à vous-même ; en vous asseyant, en marchant, en nettoyant, en parlant, dans tout ce que vous faites – notez, prenez conscience, soyez attentif à ce qui se passe.


La détente

 

Lorsque vous essayez d’être conscient, essayez d’être détendu et de pratiquer sans tension, sans vous forcer. Plus vous arriverez à être détendu, plus il sera facile de développer la présence. Il n’est pas nécessaire de se ‘fixer’, de se ‘concentrer’ ou ‘d’intérioriser’ parce que cela demande trop d’énergie. Par contre, vous êtes encouragés à ‘noter’, à ‘être conscient’ ou ‘être attentif’.

Si vous êtes tendu, ou si vous le devenez, relâchez-vous. Il n’y a nul besoin de faire des efforts. En ce moment, êtes-vous conscient de votre posture ? Êtes-vous présent au fait que vos mains touchent ce livre ? Pouvez-vous ressentir vos pieds ? Remarquez le peu d’effort nécessaire pour reconnaître tout cela ! Ce peu d’effort est tout ce dont vous avez besoin pour rester présent, mais souvenez-vous, il faut faire ceci toute la journée. Si vous pratiquez de cette façon, votre énergie va augmenter tout au long de la journée. Si vous faites trop d’effort, si la conscience gaspille son énergie, vous allez vous fatiguer. Afin de pouvoir pratiquer en continu, il faut juste se rappeler d’être présent. Cet effort juste vous permettra de pratiquer avec détente, sans tension. Si vous êtes trop tendu ou trop fatigué, vous n’êtes pas en mesure d’apprendre. Si le corps et l’esprit sont fatigués, la façon dont vous pratiquez n’est pas juste. Vérifiez votre posture ; vérifiez la façon dont vous méditez. Vous sentez- vous à l’aise et vigilant ? Examinez aussi votre attitude ; ne pratiquez pas en ayant des attentes, ou en pensant que quelque chose va se produire. Il en résultera seulement de la fatigue.

 

Par conséquent, il est important de savoir si vous vous sentez tendu ou détendu. Vérifiez cela à maintes reprises dans la journée. Si vous êtes tendu, soyez présent à la tension ; si vous ne l’êtes pas, la tension va s’accroître (voir le dernier paragraphe dans ‘Activités au Quotidien’). Une fois détendu, vous pourrez méditer plus aisément.


Extrait de Ne vous sous-estimez pas de Ashin Tejaniya

jeudi 27 juillet 2017

La solitude mentale, Ayya Khema

 

La solitude mentale signifie avant tout ne pas dépendre de l’approbation des autres, de leur conversation, de leur présence. Cela ne signifie pas devenir froid et distant, mais être mentalement indépendant. Si quelqu’un est gentil avec nous, c'est bien ; si ce n'est pas le cas, c'est bien aussi et cela ne fait aucune différence.

http://www.dhammadelaforet.org/sommaire/khema/solitude_ideale.html

mardi 25 juillet 2017

Aller plus en profondeur, Upasika Kee Nanayon




Mais, du fait de ce que nous avons étudié et entendu dire, nous avons tendance à croire que le vide d’un esprit calme est vacuité ; et, à partir de là, toutes les étiquettes que nous allons mettre seront également fausses. Il ne s’agit, en réalité, que d’un calme ordinaire. Pour trouver la vacuité, nous devons aller beaucoup plus en profondeur. Peu importe que vous reconnaissiez des expériences dont vous avez pu entendre parler auparavant ; ne vous emballez pas. N’allez pas imaginer que vous avez atteint tel ou tel niveau d’éveil, sinon vous allez tout gâcher. Vous atteignez un niveau de calme où vous devriez pouvoir maintenir votre attention fermement ancrée mais, une fois que vous mettez de fausses étiquettes sur cette expérience, tout s’arrête… ou bien part dans tous les sens.


Mettre des mots sur une expérience, c’est l’attachement en action. C’est très subtil, très fin : dès que quelque chose apparaît, l’attachement s’en empare. Vous devez donc laisser l’esprit être vide sans mettre de mots dessus car le vide qui lâche toute préoccupation ou qui est libéré des pensées est quelque chose qui doit être approfondi. Ne lui mettez pas une étiquette ou une autre car mesurer ou comparer les choses ainsi bloque tout le processus et, en particulier, la connaissance du mouvement incessant de l’esprit.


Pour commencer, observez donc simplement tout cela, soyez simplement conscients. Si vous vous emballez, cela gâche tout : au lieu de voir les choses clairement, vous ne verrez rien du tout. Vous vous arrêterez là et ne pourrez plus avancer. C’est pourquoi, quand on entraîne l’esprit, quand on le contemple assez pour avoir une claire compréhension des choses de temps à autre, on doit simplement considérer tout cela comme des choses à observer.

Le texte en entier sur le site de Dhamma de la forêt

samedi 22 juillet 2017

Notre fardeau selon Ajahn Mun


Toutes les suppositions viennent du cœur et de l’esprit. Nous portons tous notre propre fardeau sous forme de suppositions et de formulations mentales qui suivent le cours de nos débordements (ogha) jusqu’au point où ils engendrent l’ignorance de la réalité des choses (avvija). Et c’est cette ignorance qui crée les états de devenir et de renaissance. Tout cela parce que nous ne sommes pas assez sages pour comprendre ces choses, parce que nous nous y attachons de manière erronée comme si elles étaient nous ou nôtres.

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Rien ne nous appartient, Ajahn Liem


Au cours de la vie d’un être humain, il y a un moment où le corps s’effondre. Tout doit suivre les lois de la nature – aucune inquiétude. Quand le moment est venu, les choses font automatiquement ce qu’elles sont supposées faire. [Il rit gentiment.] Détendez- vous. Si votre cœur est en paix, vous pourrez ressentir du bonheur. 

Quoi que nous ayons à vivre, le Bouddha voulait que nous soyons « ce qui sait » et que notre relation à la vie soit telle que nous puissions lâcher prise et laissez les choses suivre leur cours. Si nous pouvons lâcher, rien ne pèse lourd. Ce n’est que quand on porte les choses qu’elles sont lourdes. Porter les choses, c’est s’y attacher comme si elles étaient nôtres alors qu’en réalité rien ne nous appartient dans ce monde.

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Prendre refuge au niveau des vertus intérieures, Ajahn Lee

Prendre refuge dans le Bouddha, le Dhamma et le Sangha au niveau des vertus intérieures signifie atteindre le Triple Joyau avec son cœur à...