mardi 29 mai 2018

Prendre refuge au niveau des vertus intérieures, Ajahn Lee


Prendre refuge dans le Bouddha, le Dhamma et le Sangha au niveau des vertus intérieures signifie atteindre le Triple Joyau avec son cœur à travers la pratique.


Pour atteindre le Bouddha au niveau des vertus intérieures, il faut d’abord connaître les vertus du Bouddha. Elles sont de deux sortes : causes et résultats. Les causes de son Éveil sont l’attention et la présence consciente. Le résultat de son Éveil est la transcendance, la disparition de tout ce qui obscurcit l’esprit, de tous les poisons du mental.

Nous devons donc développer ces vertus en nous. Bouddha-sati, une qualité d’attention semblable à celle du Bouddha, est ce qui nous réveille. La pleine présence consciente est ce qui nous rend justement conscients du lien de cause à effet. Le moyen de développer ces qualités est de pratiquer selon les Quatre Fondements de l’Attention. Ceci nous permettra d’atteindre le Bouddha au niveau des vertus intérieures.


http://www.dhammadelaforet.org/sommaire/a_lee/lee_trouver_refuge.html

dimanche 27 mai 2018

La fin, Ajahn Chah



"Sans tenir compte du temps et de l'espace, 

toute la pratique du Dhamma arrive à son achèvement 
là où il n'y a rien.

C'est le lieu de l'abandon, 

de la vacuité, 
là où on dépose le fardeau.

C'est la fin."

lundi 14 mai 2018

L'importance d'avoir un bon coeur dans la méditation,Thanissaro Bhikkhu




Question : quelle est l’importance d’avoir bon cœur dans la méditation, et qu’en est-il de la joie ?

Réponse : l’expression « avoir bon cœur » peut signifier beaucoup de choses. Vous mettre de bonne humeur est une étape essentielle de la méditation. Si vous avez développé un bon cœur à travers la générosité, cela constitue aussi une bonne attitude à amener à la méditation. Si vous n’avez pas développé la générosité, vous êtes constamment préoccupé par ce que vous obtenez, obtenez, obtenez, obtenez des autres, et alors, quand vous venez à la méditation, c’est tout ce à quoi vous pouvez penser : « Qu’est-ce que je peux retirer de ça ? » Mais si vous avez l’habitude d’être généreux, vous venez à la méditation avec une attitude différente, l’attitude suivante : « Qu’est-ce que je peux lui donner avant d’obtenir quelque chose en retour ? » Cela rend les choses plus faciles pour gérer les difficultés, pour rire de vos propres erreurs, et pour pouvoir les dépasser.

La joie est aussi une bonne chose à amener à la pratique. C’est l’une des raisons pour lesquelles on recommande de pratiquer la générosité et la vertu avant de méditer, parce que cela rend joyeux. Si vous regardez votre propre comportement et que vous pouvez voir que vous n’avez fait de mal à personne, et que vous avez apporté votre aide quand vous le pouviez, cela vous procure un fondement ferme pour la joie. Cette joie va ensuite donner de l’énergie à votre méditation.

Thanissaro Bhikkhu, Questions de Pratique

lundi 7 mai 2018

Où prendre refuge ? selon Ajahn Sumedho


Luang Por Sumedho

En méditation, il est facile de voir ces états d’esprit douloureux : ne pas savoir quoi faire, être dans la confusion par rapport à la pratique, à nous-mêmes ou à la vie. Notre pratique consiste à ne pas essayer de nous débarrasser de ces états d’esprit mais simplement à prendre conscience de ce que nous ressentons : l’incertitude, l’insécurité, le chagrin, l’angoisse ; la dépression, l’inquiétude, l’anxiété, la peur, la haine de soi, la culpabilité ou le remords. On essaiera peut-être de se persuader que, si on était quelqu’un de normal et de sain, on n’aurait pas toutes ces émotions. Mais l’idée d’une personne « normale » est un mythe. Connaissez-vous des personnes vraiment normales ? Moi non.

Le Bouddha, quant à lui, préférait parler de personnes qui écoutent, qui sont attentives, éveillées et conscientes dans l’instant présent. Des personnes dont l’esprit est ouvert et réceptif, qui font confiance à l’instant présent et à elles-mêmes. Voilà comment il nous encourage. Notre attitude envers la méditation n’a pas besoin d’être un effort pour nous débarrasser de choses – de nos obstacles mentaux, nos kilesa et nos défauts – pour devenir meilleurs. Elle devrait plutôt être une ouverture, une écoute de la vie, une attention à l’ici et maintenant, et une confiance dans notre capacité à accueillir la vie comme une expérience. Nous n’avons rien à en faire. Nous ne sommes pas obligés de redresser tout ce qui ne va pas, de résoudre tous les problèmes, de tout justifier ou de tout améliorer. Après tout, il y aura toujours quelque chose qui n’ira pas quand on vit dans le monde conditionné ; il y aura des problèmes avec nous, avec les gens qui nous entourent, avec le monastère, avec le centre de retraite, avec le pays. Les circonstances ne cessent de changer ; nous ne trouverons jamais une perfection durable. Il y aura peut-être des moments parfaits où tout sera merveilleux et juste comme nous le souhaitons, mais les circonstances de ce moment-là ne pourront pas être maintenues. Nous ne pouvons pas rester en apnée après l’inspiration ; il faut finir par expirer.


Il en va de même pour toutes les bonnes choses de la vie : les bons moments, les relations amoureuses, le succès, la chance. Certes, ces choses-là sont agréables et il ne s’agit pas de les mépriser mais nous ne pouvons pas investir notre confiance dans des choses qui sont constamment en train de changer. Une fois qu’elles atteignent leur sommet, elles ne peuvent qu’aller dans la direction opposée. On nous demande donc de ne pas prendre refuge dans la fortune, dans les gens, dans un pays ou dans un système politique, dans les relations, les belles maisons ou les bons centres de méditation. On nous demande plutôt de prendre refuge dans notre capacité à nous éveiller, à faire attention à la vie quelles que soient les conditions qui se présentent dans l’instant. Le simple fait d’être prêt à voir les choses telles qu’elles sont – comme des circonstances changeantes – nous libère du puissant piège de l’attachement et de la lutte contre les émotions ou les pensées qui apparaissent.


Ajahn Sumedho, La conscience intuitive, p. 167-169

vendredi 4 mai 2018

Rester avec l'entraînement, Thanissaro Bhikkhu

Statue du Bouddha


Souvent, quand vous décidez de rester avec la respiration, une des premières choses que vous remarquez, c’est que l’esprit ne veut pas rester avec la respiration. Il reste un petit moment, et ensuite, il part vagabonder. Quand vous voyez ce phénomène en train de se produire, vous ramenez l’esprit, tout simplement. Quand cela se produit à nouveau, vous le ramenez à nouveau.

Nous entraînons l’esprit à adopter de nouvelles habitudes, et il est souvent difficile de briser les vieilles habitudes. Mais si vous persistez, si vous restez avec, et que vous vous souvenez de votre motivation en vous disant : « L’esprit a provoqué beaucoup de souffrance pour moi dans le passé, il est temps que je l’entraîne de manière nouvelle, et que cela prenne longtemps ou pas, ce n’est pas vraiment important. »

Souvenez-vous : le Bouddha a dit que si on vous proposait un marché aux termes duquel vous seriez transpercé par cent lances le matin, cent lances à midi, cent lances le soir, soit trois cents lances chaque jour, pendant cent ans, mais que vous seriez sûr d’obtenir l’Éveil à la fin de ces cent ans, cela serait une bonne affaire d’accepter le marché. Le but a autant de valeur que cela. Il dit que vous ne trouveriez même pas que vous l’avez atteint dans la douleur. L’atteinte elle-même effacerait toute douleur que vous auriez ressentie.

Donc, souvenez-vous : nous sommes ici dans un bon but. Et bien qu’il se puisse que cela va prendre du temps – et l’esprit possède beaucoup de ruses, vous n’êtes pas en train d’entraîner une seule personne, c’est comme s’il y avait beaucoup de personnes là-dedans – c’est une bonne image à conserver à l’esprit. Vous avez un comité tout entier.

Parfois, vous convainquez quelques membres du comité de rester avec la respiration, et les autres membres se cachent en attendant le moment où les bons membres ne font pas attention, ou bien qu’il y ait une brèche dans leur sati. Les autres membres prennent alors le pouvoir. Et vous vous demandez quand votre esprit finira par bien se comporter. Souvenez-vous, il y a plusieurs esprits, beaucoup d’esprits en même temps. Et il va donc être nécessaire d’utiliser de nombreuses techniques différentes, de nombreuses approches différentes pour mettre de l’ordre dans tout ça.

Mais la technique fondamentale sur laquelle nous travaillons ici avec la respiration,cela, ça constitue le fondement pour tout le reste. Et donc, vous voulez rester avec elle. En l’utilisant, et en utilisant votre ingéniosité, vous découvrirez que vous pouvez réussir à entraîner le comité tout entier.

C’est la bonne nouvelle que nous donne le Bouddha. Conservez toujours cela à l’esprit.

Thanissaro Bhikkhu, Enseignements du matin 1

lundi 16 avril 2018

jeudi 12 avril 2018

Aucun doute, Ajahn Lee


 Ajahn Lee Dhammadharo


Je vous demande de ne pas douter, de ne pas avoir de réticence, et de ne pas hésiter dans le choix d’une méthode de pratique. Il vous suffit de prendre la résolution sérieuse d’entrer en contact avec le souffle de votre respiration et de le suivre aussi loin qu’il peut vous mener. De là, vous pourrez accéder à l’étape de la connaissance résultant de la vision pénétrante (vipassanā ñāṇa), qui conduit à quelque chose de mental qui est l’esprit lui-même. Et en fin de compte, la connaissance pure — buddha — se révélera d’elle-même. C’est alors que vous atteindrez la vertu sûre et certaine. En d’autres termes, si vous laissez le souffle suivre sa propre nature, et l’esprit sa propre nature, les résultats de votre pratique seront, et il n’y a aucun doute à avoir à ce sujet, à la hauteur de tout ce que vous pouvez espérer.

L’esprit des êtres humains, s’il n’est pas corrigé, se laisse naturellement attirer par les préoccupations qui sont mauvaises et qui font souffrir. C’est pour cette raison que nous devons rechercher un principe — un dhamma — avec lequel nous pouvons nous entraîner, si nous espérons trouver un bonheur qui soit stable et sûr. Si notre cœur ne possède pas de principe intérieur, pas la concentration comme refuge, nous sommes alors comme une personne sans abri. Naturellement, les personnes sans abri ne rencontrent en permanence que des difficultés. Elles sont inévitablement souillées par le soleil, le vent, lapluie et la saleté, parce qu’elles n’ont aucun endroit pour s’abriter. Pratiquer la centration de l’esprit (samādhi), c’est construire une demeure pour vous-même.



Ajahn Lee, Conserver la respiration

Prendre refuge au niveau des vertus intérieures, Ajahn Lee

Prendre refuge dans le Bouddha, le Dhamma et le Sangha au niveau des vertus intérieures signifie atteindre le Triple Joyau avec son cœur à...